Voyage au Pakistan: à la rencontre du peuple kalash

20 Décembre 2019 - Bons plans à partager
Voyage au Pakistan: à la rencontre du peuple kalash

Le Pakistan - un des pays les plus densément peuplés au monde - est constitué de six principaux groupes ethniques qui représentent 94 % de la population et de nombreuses minorités. Le peuple kalash figure parmi ces dernières. C'est un peuple qui a su conserver son identité, ses rites et ses coutumes, mais aussi sa propre langue - le Kalasha - depuis près de 2 300 ans. Le terme Kalash signifie d'ailleurs « Homme fidèle à la coutume ». C'est un des derniers peuples chamaniques du monde. Cette civilisation en danger mérite d'être connue par le plus grand nombre afin d'être protégée.  

Histoire et origine du peuple kalash 

Les Kalash peuplent le nord-ouest du Pakistan, à la frontière de l'Afghanistan, plus précisément dans l'Hindu-Kush, une région montagneuse avec des vallées profondes. Elle possède les plus hauts sommets afghans et pakistanais qui culminent à plus de 7 500 mètres. La zone fait partie de la province du Khyber Pakhtunkhwa, district de Chitral. Selon la croyance locale, avec leur peau blanche et leurs yeux clairs, les Kalash seraient les descendants d'un peuple du Moyen-Orient ou des soldats d'Alexandre le Grand qui a dominé la région au IVe siècle avant Jésus-Christ. Persécuté par les musulmans qui les désignaient comme des Kafirs ou infidèles, le peuple kalash se réfugie dans trois vallées inhabitées le Rumbur, le Bumburet et le Birir où ils vivent encore de nos jours. Un mal pour un bien, cet isolement a favorisé le maintien de leur religion et de leurs traditions.

La vie quotidienne du peuple Kalash 

La communauté Kalash est définie par deux notions en contradiction avec les valeurs de l'Islam, la religion au Pakistan : la place de la femme dans la société et la consommation de l'alcool. Fondées sur la base d'une société patriarcale, les femmes Kalash bénéficient tout de même de certaines libertés comme le fait de ne pas porter le voile. Leur tenue traditionnelle est composée d'une robe noire brodée ornée d'une coiffe. Le divorce n'est pas un tabou. Il est accepté que ce soit pour la femme ou pour l'homme. Les relations sont libres et une simple danse peut sceller l'union d'un couple. Cependant, la femme ne peut être héritière et ne possède comme seul bien que ses propres bijoux. Les fils de la famille se partagent les biens comme l'étable, les terres, le troupeau et la maison des parents.

Les Kalash produisent leur propre vin en écrasant le raisin avec leur pied et en le faisant fermenter des jarres. Ils sont d'ailleurs connus comme étant de grands amateurs de vin. La communauté Kalash est constituée historiquement d'éleveurs et d'agriculteurs. Les hommes s'occupent du bétail tandis que les femmes cultivent les champs. Actuellement, de plus en plus d'hommes partent travailler à Chitral et ne sont de retour que le weekend. L'artisanat est un métier exclusivement féminin. Si le tissage, la broderie, la vannerie étaient autrefois utilisés à des fins personnelles, depuis quelque temps les femmes kalash vendent leurs réalisations aux touristes de passage.

 Rites et croyances kalash 

Les Kalash sont polythéistes. Toutes les divinités ont un rôle précis et avec la nature, elles ont une place prépondérante dans la vie spirituelle et quotidienne de cette ethnie pakistanaise. Les dieux principaux sont Khodaî - le créateur doté de faculté d'ubiquité -, Balumain, - guide du peuple Kalash -, Sajigor, le protecteur des troupeaux, Mahendéo, le dieu de la famille et la déesse Djestak, représentant la vitalité du peuple. Hormis les divinités, les fées, les esprits de la nature et les esprits des ancêtres font partie intégrante du culte des Kalash. 

Dans les villages kalash, l'on peut trouver le bashali. C'est une maison où les femmes doivent s'isoler durant leurs règles, car considérées comme impures durant cette période. Elles y séjournent également pendant l'accouchement et doivent rester enfermées pendant 20 jours. Elles passent leur temps à lire ou à coudre ets sont nourries par leur famille qui dépose la nourriture sur le seuil. 

Différentes célébrations animent le quotidien des Kalash. C'est le cas du Joshi, la fête du printemps. Les Kalashs s'attirent les bonnes grâces des fées qui sont les propriétaires et les gardiennes des alpages. Célébrée enmai, la fêtemarque le début des transhumances. Une prière est faite pour la protection des animaux domestiques et l'obtention d'une bonne récolte. Le premier jour de la célébration est nommé Chir Pi ou le jour du lait pendant lequel tous les enfants nés depuis le dernier Joshi sont purifiés avec du lait et les femmes, avec de la fumée de genévrier. Les kasis, gardiens de la tradition, relatent l'histoire, la culture et les légendes kalash au milieu d'une foule. Musique, chants et danses rituelles rythment la cérémonie, moment de retrouvailles et de communion entre les familles. 

Une autre célébration très importante pour le peuple kalash est le Chaumos. Il a lieu quelques jours avant le solstice d'hiver. Il symbolise la fin de l'année ainsi que celle du travail dans les champs et des récoltes. La fête est ponctuée de danses et de sacrifices caprins. Chaque membre de la communauté doit également prouver sa fidélité aux siens et aux divinités durant ce festival. Les Kalash prient également pour l'occasion Balumain qui une fois par an, en cette occasion, sur son cheval vient recueillir leurs vœux. 

Deux autres célébrations de moins grande importance ponctuent la vie des Kalash. Ce sont l'Uchau - la fête des moissons en août - et le Phoo pour remercier les dieux pour les récoltes et le retour des troupeaux de la transhumance.

Les Kalash : un peuple en danger

Dominant le Chitral il y a quelques siècles, avec près de 100 000 âmes, le peuple kalash ne compte plus aujourd'hui qu'environ 3000 individus, ce qui représente moins de 0,002 % de la population pakistanaise. Les musulmans sont de nos jours majoritaires dans les trois vallées où les Kalash se sont installés. Les traditions kalash tendent à se perdre, menacées par la culture musulmane omniprésente. Les enfants reçoivent des enseignements obligatoires sur l'islam. Aucune mention de leurs us et coutumes n'est faite durant leur scolarité. De ce fait, les enfants perdent peu à peu leurs traditions. Sous une pression constante des musulmans que ce soit sur le plan économique que social, de plus de plus de Kalash se convertissent à l'Islam et abandonnent leurs traditions.

A propos de l'auteur: Emma Cruz
Depuis mon adolescence, j'ai toujours su faire plaisir à mon entourage avec mes idées surtout les week-ends ou même durant les périodes de vacances. Je préférais m'amuser au lieu de perdre mon temps. Et des plans, il n'en manque pas. Je partage actuellement cette passion pour les loisirs, quel que soit le genre, à tout le monde. À travers mes articles, j'attire l'attention des gens à apprécier mon aide et à leur faire vivre ma passion.
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