Voyage à la rencontre du peuple Kayapo

06 Février 2020 - Arts & Culture
Voyage à la rencontre du peuple Kayapo

Il existe un certain nombre de points communs entre les Kayapos et les autres tribus amérindiennes, comme la nécessité de préserver l'harmonie entre les différentes composantes de l'Univers (humains, animaux, esprits, etc.) ou l'importance des rites destinés à apaiser les esprits de peur qu'ils ne s'en prennent aux vivants. Partir à la rencontre de ce peuple amazonien, c'est découvrir des croyances profondément ancrées dans la communauté et se transmettant de génération en génération. Qui sont les Kayapos ? Comment la communauté s'organise-t-elle ? Quelle relation entretient-elle avec la nature et le monde extérieur ? 

Le « peuple qui vient de l'eau » 

Les Kayapos se définissent comme Mebêngôkre, c'est-à-dire le peuple qui vient de l'eau. Cette tribu autochtone du Brésil vit au coeur de l'Amazonie, le long du fleuve Xingu, dans la partie orientale de la forêt tropicale. L'étendue de ses terres correspond à plus du quart de l'Italie. L'attachement à ces terres – et les combats menés pour leur protection –, les croyances et les traditions ancestrales caractérisent les Kayapos. L'homogénéité de ce peuple est néanmoins toute relative. Ces hommes et ces femmes vivent en effet dans 17 villages différents, établis pour certains dans des recoins isolés. Les quelque 8 000 Kayapos se répartissent de fait en plusieurs entités autonomes, chacune ayant par exemple son propre chef.

L'organisation du village 

La communauté kayapo est organisée selon un modèle patriarcal. Les femmes sont affectées essentiellement aux tâches domestiques comme le ramassage de bois pour le feu ou la culture de légumineuses. L'éducation des enfants relève aussi de leur responsabilité. Les maisons des Kayapos forment un cercle au centre duquel se trouve celle où les hommes prennent les décisions touchant à la vie de la communauté. Certaines de ces décisions peuvent être des sources de divisions, à l'image de celles qui concernent le rapport avec le monde extérieur. 

Les Kayapos sont divisés en de multiples sous-groupes. Les dissensions apparaissent et s'accentuent notamment à l'arrivée des colonisateurs portugais. Les différents villages ne s'entendent pas en effet sur la relation à entretenir avec l'« Homme blanc ». Les groupes les plus conservateurs se méfient de ces étrangers venus du Vieux Continent, et vivent aujourd'hui encore retranchés du monde extérieur.

Les Kayapos et les esprits 

Le rapport des Kayapos avec les esprits peut par ailleurs paraître ambivalent. Tantôt les Kayapos sollicitent la présence de certains esprits – ceux des ancêtres ou de héros mythiques –, tantôt ils organisent des rituels pour se protéger d'autres esprits considérés comme malveillants. Les Kayapos considèrent le village comme le centre de l'Univers, l'espace social par excellence. Mais ce lieu n'est jamais à l'abri des dangers que représentent les animaux, mais surtout les esprits. Ces êtres qui peuplent la nature sont particulièrement actifs la nuit, cherchant à causer du tort aux Hommes. Pour les apaiser, plusieurs cérémonies sont organisées dans le village. Plus largement, ces rites visent à entretenir une bonne relation avec la nature.

Les Kayapos et la nature

S'il y a bien un point commun majeur avec les autres tribus amérindiennes, c'est l'importance particulière accordée à la nature. Le peuple kayapo considère que tous les éléments, y compris les plus petits composant l'Univers sont intimement liés les uns aux autres. En d'autres termes, aucune chose n'existe par elle-même, mais seulement par la relation qu'elle entretient avec ce qui l'entoure. Les tensions entre les Hommes et les esprits - ceux des morts ou des animaux entre autres - pourraient fragiliser l'harmonie censée régner dans l'Univers. Les rites qu'entreprennent les Kayapos sont essentiellement destinés à apaiser ou prévenir ces éventuelles discordes.

La vie après la mort selon les Kayapos

Pour les Kayapos, la mort ne marque pas uniquement la fin de la vie en ce bas monde. L'au-delà est un village des morts où les gens dorment le jour et chassent la nuit. Ce peuple amazonien redoute particulièrement les esprits des morts ou des animaux qui rôdent autour du village la nuit, et qu'il faut apaiser par des rites sacrés. Les Kayapos croient par ailleurs qu'après la mort, les personnes âgées rajeunissent et que les enfants vieillissent. Le village des morts est surtout une cité disciplinée. Les contacts entre les hommes et les femmes sont restreints, ces dernières n'étant autorisées à entrer en contact avec des parents masculins que pour leur apporter de la nourriture.

Le rite de l'appellation

Les noms occupent une place importante dans la culture kayapo. Les enfants reçoivent à leur naissance plusieurs noms, dont des noms communs qui viennent de la nature ou d'animaux. Leur sont également attribués de beaux noms se référant à des éléments cérémoniels comme les masques. Le rite de l'appellation à proprement parler a lieu quand un enfant a entre 2 et 8 ans, et consiste à confirmer les noms censés conforter son essence humaine. La cérémonie s'accompagne d'un grand banquet. Les habitants du village se couvrent pour l'occasion de peintures rituelles dont les motifs s'inspirent essentiellement d'animaux.

Les masques

Les Kayapos ont besoin que les esprits des ancêtres et des héros mythiques soient présents à leurs côtés, au quotidien comme lors de cérémonies. Les masques servent justement à entretenir le contact avec ces êtres d'un autre monde. Les enfants commencent à en porter lors du rite de l'appellation, et ne sont autorisés à s'en défaire que pour des raisons d'une grande importance.

Les peintures corporelles 

Les peintures corporelles sont l'affirmation de l'appartenance à la communauté. Hommes, femmes et enfants se peignent toujours en rouge et noir. Les motifs représentent les peaux ou les carapaces de certains animaux. Certains motifs reprennent les rayures des abeilles. Les Kayapos sont convaincus en fait que pour favoriser l'harmonie collective, leurs ancêtres se sont inspirés de ces insectes sociaux.

L'art des plumes 

Les coiffes en plumes d'oiseaux font partie du folklore amérindien. Et les Kayapos n'échappent pas à la règle. Ils confectionnent près de 200 types de coiffe. Ces ornements, richement colorés, sont portés à l'occasion de cérémonies solennelles. Ils incarnent certaines des valeurs fondatrices de la communauté kayapo, comme le sens de la liberté, la beauté ou l'appartenance au groupe. 

Le Krôkrô-tire est la plus grande des coiffes kayapos. Ce diadème, particulièrement voyant, est porté uniquement à l'occasion de grandes fêtes comme le rite de l'appellation. Pour le confectionner, la tribu amazonienne utilise des plumes caudales de deux espèces de perroquet, l'Ara choloroptère et l'Ara bleu. Le balancement du diadème au rythme des danses est l'expression du désir de la personne qui le porte de s'envoler. Plus que tout autre, cet ornement incarne l'aspiration de l'Homme à la liberté.

A propos de l'auteur: Emma Cruz
Depuis mon adolescence, j'ai toujours su faire plaisir à mon entourage avec mes idées surtout les week-ends ou même durant les périodes de vacances. Je préférais m'amuser au lieu de perdre mon temps. Et des plans, il n'en manque pas. Je partage actuellement cette passion pour les loisirs, quel que soit le genre, à tout le monde. À travers mes articles, j'attire l'attention des gens à apprécier mon aide et à leur faire vivre ma passion.
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