Voyage en Mongolie à la rencontre du peuple Tsaatan

06 Mars 2020 - Arts & Culture
Voyage en Mongolie à la rencontre du peuple Tsaatan

Enserrée entre deux géants, la Chine et la Russie, la Mongolie est de ces destinations hors des sentiers battus invitant au dépaysement total. Par-delà sa capitale Oulan-Bator, c’est une terre encore sauvage où une nature des fois rude dicte ses lois. Mais quelques ethnies ont su s’adapter aux conditions difficiles de cette région-ci du monde. C’est le cas des Tsaatan, peuple turc, moitié sédentaire, moitié nomade, éleveur de rennes. Autrefois retranchés du reste du monde, les Tsaatan acceptent depuis quelques années de s’ouvrir un peu au tourisme. Ils demeurent fort heureusement fidèles à leurs traditions héritées du fond des âges où les chamanes tiennent un rôle d’une grande importance.

 Les Tsaatan, ceux qui vivent avec les rennes

Le nom Tsaatan vient du terme « Tsaa » signifiant renne et « Tan » qui veut dire peuple. Tsaatan se traduit ainsi par peuple qui vit avec les rennes. Cette appellation leur est toutefois attribuée par les Mongols. Ils préfèrent pour leur part se présenter comme les gens de la taïga. Les deux désignations définissent bien ce peuple mongol, les rennes et la taïga étant indissociables de leur univers. Les Tsaatan vivent en effet essentiellement dans la taïga, cette forêt composée de conifères bas et de buissons, aux confins du nord de la Mongolie. Nomades à l’origine, ils se rendaient par-delà la frontière russe en été à la recherche de pâturage pour leurs troupeaux de rennes, leur principale richesse. Ces animaux leur fournissent lait, viande, toile pour leur habit et leur tente en forme de tipi. Les Tsaatan se déplacent sur le dos de ces cervidés et sculptent très habilement leur bois qu’ils vendent par la suite. Outre l’élevage de rennes, les Tsaatan s’adonnaient à une autre activité pour survivre, la chasse.

Les Tsaatan et le chamanisme

Ce peuple mongol est en totale communion avec la nature et surtout les esprits qui – selon eux - animent tous les êtres vivants et les éléments. Les chamanes servent d’intermédiaire entre le monde spirituel et des hommes. Les esprits, qu’il s’agisse des morts ou des ancêtres ou de la nature se matérialisent sous forme d’ours, d’oiseaux et autres animaux. Il incombe aux chamanes d’interpréter les manifestations spirituelles à l’occasion de cérémonies. Pour l’occasion, tout le clan prend place autour de nombreuses offrandes et du chef spirituel alors revêtu d’un habit lacé de nombreuses cordelettes colorées représentant selon la cosmogonie chamanique les saisons, le soleil, les rivières et les arbres. Au son des tambours et d’incantations, le chamane tombe en transe. Cet état lui permet d’entrer en contact avec le monde des esprits ou encore déceler le mal qui ronge les personnes présentes. En effet, le chamane a aussi un rôle de guérisseur. Les familles font appel à lui pour être plus prospères entre autres.

Les Tsaatan et les temps modernes

Les Tsaatan sont forcés de se fixer dans le village de Tsagaan Nuur. Mais à partir des années 1990, certains délaissent petit à petit le sédentarisme pour revenir à leur ancien mode de vie, le nomadisme. La moitié de ce peuple est actuellement sédentaire, l’autre moitié nomade. Aujourd’hui, les Tsaatan ne comptent que près de 200 individus répartis entre 80 familles environ. Pour ce qui est de leurs rennes, leur nombre est passé de 2 000 têtes en 1977 à près de 600 bêtes actuellement. Cette baisse importante de leur population est due à la consanguinité. En effet, au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, les Tsaatan ne sont plus autorisés à passer les frontières russes pour échanger leur bétail avec leur voisin de la république de Touva. Heureusement, des organismes non gouvernementaux envisagent l’implantation de rennes originaires du Canada ou de la Sibérie et l’insémination artificielle pour augmenter la population de ces cervidés. Depuis 2013 par ailleurs, les Tsaatan perçoivent une aide financière du gouvernement à condition qu’ils restent vivre dans la taïga et qu’ils arrêtent la chasse. La vente de rennes leur est aussi interdite, sauf s’ils veulent augmenter le troupeau des familles ne disposant que de peu de bêtes. En été, les enfants peuvent aller dans une école où les cours sont donnés dans leur langue vernaculaire, la touvaine.

Se rendre au pays des Tsaatan

Aller à la rencontre des Tsaatan est une belle aventure qui commence généralement à Oulan-Bator, la capitale mongole. Sortir en dehors de la ville n’est pas évident durant un séjour en Mongolie pour les étrangers et pour parcourir la taïga à la découverte des Tsaatan. Pour un voyage serein, le mieux est de demander les services d’une agence spécialisée qui vous attribuera alors un guide. Sans l’aide de ce dernier, il vous sera difficile, voire impossible, de rejoindre un campement tsaatan puisqu’il faut le rappeler, c’est un peuple nomade. Assurez-vous que votre guide parle très bien l’anglais et le mongol. Il vous sera ainsi plus facile d’échanger avec les Tsaatan et de mieux comprendre leur mode de vie. Un permis est par ailleurs obligatoire pour se rendre dans le pays des Tsaatan. Votre guide s’acquitte normalement des différentes démarches pour l’obtenir. Avant de partir sur les routes, prévoyez des cadeaux pour vos hôtes. Optez pour des objets utiles au quotidien comme du savon, une brosse à dents, etc.

Séjour chez les Tsaatan

Une fois dans un campement tsaatan, l’hospitalité mongole oblige, voyageurs et hôtes se retrouvent autour d’une boisson chaude. Si le lait de yack est très apprécié dans le reste du pays, chez les Tsaatan, vous aurez l’occasion de goûter à une autre boisson lactée, grasse, mais très douce en bouche, le lait de rennes. Un séjour chez les Tsaatan est l’occasion de mieux se familiariser avec leur quotidien allant de la traite de rennes à la préparation des différents mets pour le repas comme le fromage de rennes. Les plus téméraires peuvent essayer de monter ces cervidés assez dociles. Un séjour chez les Tsaatan implique de se conformer à toutes leurs habitudes. Pour leurs invités, les Tsaatan leur érigent un tipi identique à la leur avec au centre un poêle s’il fait encore froid. En guise de lit, une peau de rennes est placée à même le sol.

A propos de l'auteur: Emma Cruz
Depuis mon adolescence, j'ai toujours su faire plaisir à mon entourage avec mes idées surtout les week-ends ou même durant les périodes de vacances. Je préférais m'amuser au lieu de perdre mon temps. Et des plans, il n'en manque pas. Je partage actuellement cette passion pour les loisirs, quel que soit le genre, à tout le monde. À travers mes articles, j'attire l'attention des gens à apprécier mon aide et à leur faire vivre ma passion.
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