A savoir sur la culture et la tradition papouasiennes

08 Mai 2020 - Arts & Culture
A savoir sur la culture et la tradition papouasiennes

Pour beaucoup, l'Océanie se résume à l'Australie, la Nouvelle-Zélande et à ces îles paradisiaques piquetant l'océan Pacifique. Cette région du monde couve toutefois une contrée où le temps ne semble pas avoir d'emprise : la Papouasie-Nouvelle-Guinée. Composée d'une myriade d'îles et partageant la Papouasie avec l'Indonésie, ce pays riche de traditions millénaires évolue dans un monde à part. Avec des coutumes et des langues propres à chaque ethnie, la Papouasie-Nouvelle-Guinée est une destination qui surprend agréablement.

La Papouasie-Nouvelle-Guinée, une mosaïque culturelle unique au monde

Les Papouasiens descendent à 95 % des Mélanésiens qui auraient migré d'Asie il y a près de 50 000 ans. Mais les traces de vie ne sont datées que de 40 000 ans dans la région de Morobe. Les témoignages les plus importants, notamment d'agriculture, pour leur part ne datent que de 9 000 ans. Ils sont mis au jour dans la région de Kul. Ce long passé a forgé une culture diversifiée et très ancrée que la présence hollandaise, allemande et britannique n'a pas pu atténuer.

La diversité culturelle papouasienne s'apprécie à travers sa multitude de langues, dont plus de 800 sont recensées. C'est l'équivalent de 10 % des langues parlées dans le monde. Beaucoup d'entre elles ont moins d'un millier de locuteurs. L'enga s'impose comme la langue plus parlée avec 200 000 locuteurs. L'anglais demeure néanmoins la langue officielle au même titre que le tok pisin, une sorte de créole aux sonorités anglaises, ainsi que la langue des signes. La pluralité culturelle en Papouasie-Nouvelle-Guinée s'apprécie aussi à travers ses danses, ses musiques rituelles et son art qui varient suivant chaque région.

Plus du quart de la population papouasienne habite des villages reculés et vit essentiellement de l'agriculture. Bien que chaque ethnie possède ses propres traditions, les villages sont régis par la même coutume, le Wantok. Celui-ci implique l'appartenance de chaque individu à un clan. D'autres traditions s'observent dans les villages papouasiens. Dans certaines ethnies, notamment celles des Huli, hommes et femmes vivent séparément. Si les hommes peuvent avoir plusieurs épouses, les femmes sont monogames. Elles s'acquittent des tâches ménagères et des travaux dans le village, tandis que les hommes chassent ou pêchent. Pour ce qui est de la religion, près de 2/3 de la population est chrétienne, mais beaucoup des Papouasiens croient encore à la magie noire et la sorcellerie.

L'art tribal papouasien

Primitif, tel est l'adjectif qualifiant l'art papouasien. Il n'a en effet aucune visée esthétique, mais a pour rôle de transmettre le savoir à travers l'utilisation de symboles et de styles variés. Même si la recherche de la beauté n'est pas une priorité, l'art papouasien n'est pas dépourvu de charme. 

·         L'art sur bois

Masques et autres sculptures sont indissociables de l'art papouasien. Ce sont des accessoires indispensables dans différents rituels, notamment funéraires. Ils content histoires et mythes. Les ethnies avoisinant le fleuve Sepik comptent des sculpteurs parmi les plus habiles du pays. Leurs œuvres parent les piliers soutenant les maisons des esprits. Les sculptures de la Nouvelle-Irlande - une île montagneuse d'à peine 470 kilomètres de large baignant au nord-ouest de la Nouvelle-Guinée - sont plus travaillées. Végétaux et coquillages habillent le bois sculpté avec la finesse d'un dentelier. Il en résulte des œuvres très détaillées qui obéissent toujours à des codes précis. Dans cette région-ci de la Papouasie-Nouvelle-Guinée, les sculptures sont surtout utilisées dans le malagan, une cérémonie à laquelle les ethnies du nord de l'île s'adonnent pour mettre fin à un deuil. Les sculptures, généralement des masques, sont détruites ou vendues après le rituel. 

·         L'art corporel

 À l'image des masques, les parures et l'art corporel accompagnent les grands événements qui surviennent dans la vie des Papouasiens. Durant un mariage, un décès ou un rite initiatique, tout le monde revêt parures et peintures sur le corps. Elles sont devenues de composants essentiels des danses traditionnelles papouasiennes. Variables suivant les ethnies, les parures qu'arborent les hommes sont les plus remarquables et suscitent l'admiration des spectateurs. La plupart des ethnies se peignent le visage et portent des couronnes bien élaborées réalisées avec des plumes et du feuillage. Des rangées de colliers en corde ou en coquillage complètent le tout. Les Asaro Mudmen se distinguent pour leur part en s'enduisant le corps d'argile blanche et en portant des masques assez effrayants.

 Les principaux événements culturels papouasiens

 Tout au long de l'année, de nombreux événements agrémentent le calendrier culturel papouasien. Parmi les plus importants figurent : 

·         Le National Mask Festival

C'est une occasion à ne pas rater de passage en Papouasie-Nouvelle-Guinée en juillet. Ce festival se tient à Kokopo et à Rabaul et permet d'admirer la diversité des masques tribaux papouasiens, mis en valeur durant des danses traditionnelles. Les imposants masques duk duk avec leur partie inférieure en boule réalisée à partir de feuillages sont facilement reconnaissables. 

·         Le Mount Hagen Show

 Ce festival se tient en août dans la ville de Mont Hagen, dans le sud de la Papouasie. Créé en 1964, il oppose les différentes tribus dans d'étonnantes danses guerrières. Les habitants de la région étaient enclins à s'affronter dans de sanglants combats et cet événement était une alternative mise en place par l'administration coloniale australienne pour les pacifier. 

·         Le Sepik Crocodil festival

Cet événement permet d'assister au rite initiatique de passage à l'âge adulte à Ambuti, un village riverain du fleuve Sepik. Pour l'occasion, les jeunes doivent se scarifier afin d'arborer la peau écailleuse du crocodile, d'où le nom du festival. Il se tient en août. 

·         Le Goroka Show

 Le Goroka Show est un des événements les plus anciens de la Papouasie. Il est célébré aux alentours de la fête nationale qui se tient en septembre. Tous les ans, il attire un millier de participants issus d'une centaine de tribus. Pendant deux jours, les traditions des différentes ethnies sont mises avant. 

·         L' Alotau Canoe & Kundu Festival

 Ce festival est unique en son genre. Il rassemble tous les ans au mois de novembre les tribus de Milne Bay, à la pointe sud de la Papouasie. C'est un événement entièrement tourné vers la mer et s'accompagnant de courses de canoës. C'est aussi une occasion pour les tribus participantes de présenter leurs kenu, des canoës de guerre. De belles collections de kundu, des tambours traditionnels, sont également visibles durant ce festival. 

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