La culture mondiale, durement frappée par le Covid

05 Juin 2020 - Arts & Culture
La culture mondiale, durement frappée par le Covid

La Covid-19 n'a épargné aucun secteur. La pandémie a lourdement affecté le secteur culturel à l'image de l'industrie du tourisme duquel il dépend grandement et a permis de mettre en exergue sa vulnérabilité surtout financière. Le bulletin hebdomadaire Culture &COVID-19, l’UNESCO a peut établir les impacts de la pandémie sur différents secteurs de l’industrie culturelle, depuis les artistes aux sites naturels en passant par les musées et les sites monumentaux.

 

Les impacts de la Covid-19 sur le secteur culturel

·         Sur les artistes

Au mois d’avril, le Cirque du Soleil annonçait le licenciement de 95 % de son personnel, un exemple parmi tant d’autres des répercussions catastrophiques de la Covid-19 sur les artistes et professionnels, travaillant en tant qu’indépendant ou regroupés au sein de petites et moyennes entreprises. La pandémie a entrainé des réponses en cascades comme le report du lancement d’albums et la suspension de productions cinématographiques. Les mesures de confinement ont entrainé l’annulation de concerts, le report de festivals et la fermeture de cinémas. Les artistes et les professionnels ont subi de plein fouet ces revers économiques, et même dans les pays qui ont mis en place un système de sécurité sociale pour les soutenir. Cette aide n’est néanmoins pas suffisante et la relance du secteur culturel ne figurant pas nécessairement dans les priorités des gouvernements ne fait qu’aggraver la situation. Beaucoup d’artistes risquent ainsi d’arrêter leur activité.

Néanmoins, certains pays ont su venir en aide à ces travailleurs à travers différentes aides. Pour soutenir les organisations culturelles, mais aussi patrimoniales et sportives, le gouvernement canadien a fait un don de 354,9 millions de dollars US. Pour rémunérer les artistes pendant la crise, le Kenya a mis en place un fond mensuel à hauteur de 1 ,9 millions de dollars US. De son côté, l’Italie propose de rembourser ou de remplacer les billets de concerts, de théâtre, de cinéma.

Même face à une crise économique réelle, les institutions culturelles sont nombreuses à ouvrir leurs portes au monde à travers des visites virtuelles. Salles de concert, théâtres et opéras proposent ainsi des spectacles en ligne. De leur côté, les artistes ont aussi su s’adapter à ces solutions numériques et rester au contact de leur public depuis chez eux grâce aux réseaux sociaux. Le déconfinement progressif entamé depuis quelques semaines a heureusement permis la réouverture des salles de cinéma, de théâtre, etc. Les mesures sanitaires y sont strictes pour éviter toute nouvelle vague d'épidémie, notamment avec le port de masque et le respect de la distanciation physique. Pour permettre l’application de ce dernier point, la capacité de ces structures est revue et réduite à 50 % voire 30 %.

·         Sur les musées

60 000 musées sont recensés à travers le monde d’après les chiffres de l’ICOM ou Conseil international des musées. 95 % ont dû fermer des suites de la pandémie de Covid-19. Les répercussions sur ces institutions sont bien sûr d’ordre économique. Les grands musées accusent une perte pouvant aller jusqu’à 80 % à raison de centaines de milliers d’euros par semaine. Pour les plus petites structures privées, dont le droit d’entrée est la principale ressource financière, la pandémie peut leur être fatale. Toujours d’après l’ICOM, 13 % des musées pourraient ne plus rouvrir. La crise actuelle affecte également la sécurité des collections muséales à cause de la réduction des effectifs. Le musée hollandais Singer Laren en a fait les frais. Le 30 mars, l’institution a déclaré le vol du tableau « Le jardin du presbytère de Nuenen au printemps » signé de Van Gogh. Des recommandations émanant d’Interpol et de l’ICOM aident les musées à faire face à ce pillage.

·         Sur les sites monumentaux

Tout comme les collections muséales, les sites et biens culturels sont face à un problème d’ordre sécuritaire. À titre d’exemple, durant la semaine du 4 mai, dans le cadre d’une opération contre le trafic illicite d’art, la police Europol a saisi 19 000 objets volés – dont quelques pièces rares datant de l’époque précolombienne — à l’aéroport de Barajas, en Espagne. De son côté, le projet ATHAR pour Trafic d’antiquités et recherche sur l’anthropologie du patrimoine, mis en place en collaboration avec l’UNESCO, enregistre une recrudescence du trafic d’art international en se référant à Facebook. Alors que les gouvernements s’attèlent à la mise en place de mesure de confinement, les pilleurs en profitent pour réaliser leurs méfaits comme l’attestent de nombreux messages sur des groupes du réseau social pour la vente et l’achat d’objets volés sur des sites en Afrique du Nord et au Moyen-Orient. Certains d’entre eux ont même publié des images de pilleurs en action dans une mosquée marocaine près de Larache. La fermeture des sites augmente par ailleurs le risque de détérioration et de réduire à néant les recherches et travaux de conservations qui y ont été menés.

Avec le déconfinement progressif, des pays ont déjà autorisé l’ouverture de nombreux institutions et sites culturels tout en mettant en place des mesures sanitaires strictes. Le public demeure toutefois réticent à cette perspective d’après une étude réalisée par l’Association des principales attractions touristiques auprès des Britanniques. Une autre étude réalisée auprès des Américains indique pour sa part qu’une personne sur 4 seulement serait tentée de reprendre le chemin d’une galerie ou d’un musée, même si la structure dispose de mesures de protection de santé publique. Il faudrait attendre quelques mois pour voir l’évolution de la pandémie avant que le public se sente entièrement rassuré.

·         Sur la nature

L’arrêt du tourisme des suites de la pandémie a eu des impacts négatifs, mais aussi positifs sur la nature. Pour de nombreux sites, la billetterie est la source de revenus principale pour la mise en œuvre de leurs travaux de conservations. Face à l’absence de touristes, leurs contraintes sont accrues, c’est notamment le cas de plusieurs sites marins classés au patrimoine mondial, dont ceux des îles Galápagos en Équateur. La réduction du personnel et le manque de touristes des suites de la pandémie ont aussi exacerbé le braconnage à travers le monde. En Colombie, Panthera, une organisation de protection de grands félins, fait état de la mise à mort de jaguars, de puma et d’ocelot. Et ce ne sont que quelques exemples parmi tant d’autres à travers le monde. La pandémie n’a toutefois pas eu que des effets néfastes sur la nature. L’arrêt des industries et des vols internationaux a permis un recul des émissions de gaz à effet de serre de 8 %. La pandémie qui a affecté les chaînes d’approvisionnement mondial a donné un regain d’intérêt pour les aliments et recettes locales, mais aussi pour l’agriculture traditionnelle. C’est notamment le cas au Liban avec la promotion d’une agriculture plus respectueuse de l’environnement et de la cueillette.

 

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