Visite de la cité pourpre en Chine

08 Octobre 2020 - Arts & Culture
Visite de la cité pourpre en Chine

Étalée sur une superficie de 720.000 m², la Cité interdite est le palais le plus imposant au monde. Il aura fallu quatorze années, pour le million d’ouvriers, d’artisans et d’artistes chinois, pour bâtir ce chef-d’œuvre symbole de la puissance de la dynastie Ming, alors incarnée au XVe siècle par l’empereur Yongle. Zĩjĩnchéng, ou la « Cité pourpre interdite » a été nommée ainsi par les astronomes de la cour pour la couleur violette de l’étoile Polaire, centre de l’univers. D’autre part, toute personne qui s’introduisait au palais sans l’aval du seigneur des lieux était punie de mort. Composé de 980 bâtiments et de plus de 8.000 pièces, le palais est divisé en deux parties : la cour intérieure qui faisait office de résidence pour la famille impériale, et la cour extérieure où se tenaient de fastueuses cérémonies.

Le palais des Ming et Qing

Le complexe dissimulé par un mur d’enceinte d’une hauteur de 8 m, et protégé par des douves de 52 m de large et de 6 m de profondeur, possède à chaque angle une tour en forme de pagode. Il est accessible par une seule entrée, la porte du Midi. Des milliers de courtisans ont élu domicile dans les pavillons attenants aux principaux palais : l’impératrice, les familles élargies des empereurs qui pouvaient avoir jusqu’à 70 concubines et autant de descendances, des centaines de fonctionnaires, de ministres, de gardes, de serviteurs et d’esclaves. L’administration entière du pays se déroulait dans les murs de la cité, ainsi que toutes les festivités liées aux couronnements, mariages et les évènements marquants.

Les portes du pouvoir

La porte du Midi ou porte aux cinq phénix est appelée ainsi à cause des cinq pavillons qui l’entourent. La tour centrale haute de 60 m, possède deux cloches sur ses extrémités qui sonnent à chaque passage du souverain pour le temple du soleil. Seul l’empereur est autorisé à franchir la porte centrale, et exceptionnellement l’impératrice, mais uniquement le jour de son mariage, et trois des meilleurs étudiants ayant passé avec succès les examens impériaux pour devenir fonctionnaires. Derrière la porte du Midi, se trouvent cinq ponts aux ornements en marbre sculptés de dragons et de phénix, qui enjambent la « rivière aux eaux d’or » longue de deux kilomètres et qui constitue accessoirement un réservoir d’eau en cas d’incendie. La Porte de l’harmonie suprême qui donne sur la cour extérieure est gardée par un couple de lions en bronze, symboles du pouvoir impérial.

Les pavillons de la connaissance

Deux petits pavillons reliés par un couloir forment le pavillon de la Gloire littéraire ; c’est à l’intérieur de ce complexe qui comprend la salle de la justice, la Salle de la Bienveillance, la Salle du Sens et du respect, que se faisait l’éducation des princes en compagnie d’un précepteur. Les empereurs y ont aussi approfondi leurs connaissances sur les textes fondateurs de la culture chinoise, comme les ouvrages consacrés au Confucianisme et aux classiques de la littérature. Le complexe héberge actuellement un musée de la porcelaine, où sont exposés plus de 400 objets représentatifs des écoles de céramique du pays. Le pavillon de la Prouesse Militaire, abritait autrefois le bureau de l’empereur Yongle, pour être reconverti à l’avènement de la dynastie Qing en lieu de cérémonies religieuses. Tout de bois construit, le pavillon de l’Harmonie Suprême situé au cœur de la Cité interdite, surplombe une place de 30.000 m² témoin de toutes les grandes célébrations de la Chine du XVe siècle ; ici, les souverains accueillaient les ambassadeurs et hauts dignitaires. De nombreux symboles ornent le palais : les dix-huit vases en bronze accrochés aux escaliers représentent les dix-huit provinces chinoises de l’époque, une tortue et une grue en bronze situées sur la terrasse représentent la longévité et la domination.

Le Jardin Impérial

La Porte de la tranquillité terrestre permet d’accéder au jardin Impérial. À proximité se tient toute une logistique : le garde-manger, les cabinets des médecins, la salle de garde des eunuques. Édifié en 1417, le jardin de 12.000 m² servait de lieu de promenade et de relaxation pour les proches de l’empereur, à savoir sa famille et ses concubines, mais il est également un lieu où se pratiquaient des sacrifices. L’harmonie est toutefois parfaite entre la vingtaine d’édifices, les vieux cyprès, les pavés de galets multicolores, les jardins rocheux et les sculptures qui occupent les lieux. Au centre, trône le pavillon de la paix Impériale, et le pin de la conjointe vieux de 400 ans, symbole de l’harmonie au sein du couple impérial. Le pavillon est défendu par deux licornes dorées chargées de faire fuir les mauvais esprits, et à l’intérieur le Dieu Zhenwudadi était invoqué pour préserver la cité interdite du feu. Sur la petite colline artificielle de l’Excellence accumulée se dresse le pavillon de la Vision Impériale, où les souverains se rendaient en famille pour célébrer la fête du double neuf qui célèbre les récoltes d’automne.

Cixi la concubine

Les six palais de l’ouest, ou Xiliu Gong, sont le témoignage du règne de l’impératrice douairière Cixi de la dynastie Qing, qui régna sans concession sur l’empire pendant 47 années. Retenue à l’âge de 16 ans pour faire partir du harem, elle fomente un coup d’État pour mettre sur le trône son fils Tonghzi de quatre ans lorsque l’empereur décède en 1861. Tonghzi décède de la variole à dix-neuf ans, et Cixi lui succède. Durant son règne, la Chine se modernise : construction du chemin de fer, électrification des villes, création d’industries, mise en place du télégraphe, modernisation de la marine et de l’armée de terre ; elle met fin aux bandages des pieds des femmes chinoises, et engage des réformes dans les domaines de l’éducation et la législation sociale, qui malheureusement n’aboutiront pas, car elle sera renversée par les révolutionnaires en 1911. Le palais de l’éternel printemps est réputé mondialement pour la remarquable fresque du « Rêve de manoirs rouges », dont le nom est tiré d’un livre que l’impératrice aimait lire. Le palais de l’élégance accumulée est le lieu de résidence de Cixi. Deux dragons et deux cerfs en bronze, symboles d’harmonie et d’abondance, trônent majestueusement à l’entrée du pavillon, ce qui en soi est tout à fait exceptionnel et en dit beaucoup sur l’étendue des pouvoirs de cette dame de fer : seules les habitations des empereurs mâles sont ornées de dragons.

A propos de l'auteur: Sarah Hoceani

Opérant dans le domaine du tourisme depuis quelques années, j'ai découvert petit à petit les différentes attractions des voyageurs. Justement, ils n'attendaient que cela, s'amuser et oublier les soucis quotidiens. J'ai décidé de faire des recherches afin de promouvoir les loisirs pas seulement en voyage, mais dans la vie de tous les jours de chacun. Actuellement, je rédige avec joie ma passion pour aider et pour rendre les gens heureux même le temps d'un instant. Alors, bonne lecture à vous!

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