Ce que vous ne savez pas sur le Carnaval de Cologne

05 Février 2021 - Arts & Culture
Ce que vous ne savez pas sur le Carnaval de Cologne

Le carnaval de Cologne est une véritable institution - que des millions d’Allemands et des touristes issus en grande partie des zones frontalières, des Pays-Bas, de France et de Belgique ainsi que des quatre coins du globe - célèbrent depuis voilà bientôt 2 000 ans. Les origines de l’événement remontent à l’Antiquité lorsque les tribus germaniques décident de célébrer le solstice d’hiver en honorant leurs divinités pour chasser les mauvais esprits. Avec le temps, les chrétiens ont associé ces traditions au jeûne qui précède les fêtes de Pâques et commémorent le carnaval dans sa forme actuelle. En outre, « carne » et « vale » signifient en latin « adieu à la viande ».

 

Il est 11 h 11

Kölle Alaaf ! est le cri de ralliement qui signifie Cologne avant tout ! C’est avec cette exclamation joyeuse et sous le son des cloches qui résonnent dans toute l’Allemagne que le départ des festivités est donné. La Rhénanie-Du-Nord-Westphalie devient le fief des amateurs de fêtes et plus particulièrement Cologne, ville réputée pour sa cathédrale du XIIIe siècle, même si les délires hilarants du carnaval se retrouvent dans d’autres cités comme Bonn, Mayence, Düsseldorf ou Aix-la-Chapelle. Aujourd’hui, la manifestation s’est sécularisée et l’envie d’oublier les difficultés du quotidien, de boire et de bien manger sont les raisons principales pour faire la fête.

Les participants considèrent la période du carnaval comme la cinquième saison de l’année et la manifestation la plus importante après les fêtes de la Nativité. Les habitants de Cologne l’appellent le Fastelovend ou la 8e merveille du monde. Le 11e jour du 11e mois de l’année à 11 h 11 tapantes, il est recommandé de se joindre aux dizaines de milliers de Jecken ou « fous » entassés sur la place du Marché-au-Foin vêtus de déguisements colorés et excentriques. Lorsque le compte-à-rebours est terminé, une énorme allégresse populaire envahit les rues de la ville. La symbolique du 11 est la traduction d’Elf en allemand et l’acronyme d’égalité-liberté-fraternité, un clin d’œil à l’occupation napoléonienne. Il s’agit également d’un chiffre représentant le mal et le non-respect des 10 commandements dans la bible.

 

Parades, bals populaires et bière

Selon la tradition, le Kölner Karneval court du 11 novembre au mercredi des Cendres ou Aschermittwoch précédé de la semaine des défilés. Durant cette période, la ville est en état de siège. Sur des airs populaires, des groupes folkloriques régionaux enflamment les foules qui chantent à tue-tête et dansent en groupe en se tenant la main. Les bacchantes se désaltèrent à coups de choppes XXL remplies à ras bord de Kölsch, pour enchaîner sur des Schunkeln, danser en se tenant par la taille et réclamer des Bützen, la façon locale de s’embrasser. Des concerts et des spectacles d’humour qui mettent à mal la vie politique, sont proposés pendant la période d’entre-deux-fêtes également mise à profit par les associations pour préparer les costumes, les chars et les shows.

Le summum des festivités du Karneval se déroule en février. Au cœur de la vieille ville sur la place Alter Markt, les seigneuries du festival ou Karnevalsregenten composé d’une troïka qui représente le Prince, la Vierge et le Paysan sont présentés à la foule et se font remettre les clés de la ville sur une énorme scène. Dans les 86 quartiers de Cologne, les événements les plus extravagants se tiennent pendant la Straßenkarneval, les six jours de carnaval également appelés les Folles Journées. Durant cette période, le Prince se substitue à l’autorité pour décréter l’ouverture non-stop des bars et pubs pour éviter les ruptures d’approvisionnement en bière des fous. Les parades traditionnelles, bals masqués et animations musicales en live prennent leurs quartiers dans les rues très animées. Une programmation événementielle ininterrompue rythme la vie des Colonais du Weiberfastnacht au Veilchendienstag.

Sur la Chlodwigplatz démarre la première parade lors de la journée des femmes le jeudi qui précède le Mardi gras. Les fameuses scènes des ciseaux où les hommes se font couper leur cravate symbolisent l’émancipation de la gent féminine. Ce jour-là, les femmes se rendent à leur travail vêtues de leurs plus beaux habits. Dans l’après-midi, une pièce populaire qui conte l’amour impossible entre Jan et Griet est jouée au Torburg. Les brasseries d’Heumarkt, de Zülpicher Straße et d’Alter Markt font le plein jusqu’à pas d’heure. Le lendemain est consacré au Sternmarsch ou des parades en costumes traditionnels. Depuis 1992 en réponse à la guerre du Golfe, cause de l’annulation de l’édition précédente, des participantes anti-guerres décident d’organiser en soirée le Geisterzug ou défilé des fantômes. Le dernier jour de cette première semaine est consacré aux parades de Veedelszoch ou le défilé de 8 000 écoliers dans chaque quartier. Cette parade qui se déroule en famille ne connait pas d’affluence majeure, car les fêtards se préparent pour le grand événement du lendemain.

 

Le Nubbel brûle

Le Rosenmontagszug ou la parade du lundi des Roses est la plus importante du Karneval. 1,5 million de visiteurs s’amassent le long des 7 km qui mènent de Chlodwigplatz jusqu’à Mohrenstraße pour admirer la plus grande parade d’Allemagne. Une centaine de chars fleuris superbement décorés, 100 marching bands et 11 000 danseurs et participants procurent une ambiance indescriptible sur le parcours où les badauds s’époumonent pour recevoir des friandises, fleurs, cadeaux et les beignets Kamelle lancés depuis les plateformes.

Quand arrive le Faschingdienstag ou mardi gras, seuls les quartiers de Nippes, Ehrenfeld et Mülheim abritent des parades, les derniers soubresauts festifs avant le jeûne du Carême. La soirée est dédiée au Nubbelverbrennung où Monsieur Carnaval caricaturé par un bonhomme de paille appelé Nubbel est brûlé en place publique. Pour marquer la fin des festivités, les habitants de chaque quartier se retrouvent dans leur Kneipe habituel pour des chants et une traditionnelle retraite aux flambeaux qui précèdent l’incinération à minuit. Lors du mercredi des Cendres, les amis et familles se regroupent cette fois-ci sans leurs artifices pour manger le traditionnel poisson qui marque le début de la période de jeûne.

Le carnaval est l’occasion pour les visiteurs de passage de profiter de la gastronomie locale qui s’appuie plus durant cette période sur la nourriture proposée dans la rue. Les différents stands qui distribuent de la cuisine asiatique, des pizzas, falafels, kebabs et la réputée saucisse au curry sont pris d’assaut.

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