A la découverte de l'art aborigène australien

07 Septembre 2018 - Arts & Culture
A la découverte de l'art aborigène australien

L'art est un élément essentiel de la civilisation aborigène. En général, il est rattaché à une histoire, comme à un itinéraire ou à un site. Pour comprendre la signification de l’art aborigène, il faut savoir que le motif intègre plusieurs formes d’expressions, dont le chant, la danse, la mime et la peinture.

Quelques généralités sur l’art aborigène d’Australie

L’art aborigène australien est un art premier produit par des cultures non occidentales. Il se présente sous diverses formes, telles que la peinture, la gravure, la sculpture, la musique, la danse, le chant et le didjeridoo, qui est un instrument de musique aborigène. Il regroupe tant les œuvres millénaires que celles réalisées par des artistes contemporains.

Il existe deux sortes d’art principales en fonction des régions. L’art naturaliste symbolise les peintures figuratives et les silhouettes. Cet art est essentiellement présent dans le nord du pays, à Queensland ou à Terre d’Arnhem. L’autre forme d’art principal est plus schématique, avec des œuvres constituées essentiellement de motifs géométriques, réalisées dans le sud et le centre du pays.

Les premières apparitions de l'art aborigène australien datent de 40 000 ans av. J.-C. Il est présenté en gravures et en peintures rupestres, encore visibles dans les grottes sacrées au nord du territoire australien, comme  le nord du Western Australia, Kakadu ou les Territoires du Nord. Le centre de l’Australie, comme Uluru (Ayers Rock) met également en exergue l’art aborigène.

L’art aborigène n’a cessé de se développer au cours de l'histoire de l'Australie, et cela jusqu'à l'avènement des premiers colons de nationalité anglo-saxonne. Différents styles ont ainsi fait leur apparition, comme les arts abstraits ou figuratifs, la peinture sur sol, la peinture rupestre ou sur écorce, sans oublier la sculpture d’objets rituels et de totems. Les peintures s’affichaient sur la roche, mais aussi sur d’autres supports plus précaires, comme les écorces d’arbres, le sable ou la peau. Les peintures au sol, faites durant les rituels, s’étendaient parfois sur des kilomètres.

La peinture, une expression essentielle de l’art aborigène

À l’époque, les peuples aborigènes ne connaissaient pas encore l’écriture. La peinture et les chants étaient les seuls moyens de perpétuer un héritage ancestral. Certaines peintures étaient utilisées pour réaliser des rites d’initiation. Le mouvement artistique aborigène, consistant à peindre du sol à la toile, est né en 1971 à Papunya, une communauté située au centre de l’Australie.

Le professeur d’anglais Geoffrey Bardon avait proposé à ses élèves de reproduire des peintures célèbres sur les murs, les panneaux et les toiles. Les élèves s’exécutent en copiant le Temps des Rêves, une peinture représentant la mythologie du peuple aborigène et les races. Le succès fut tel que les aborigènes décident de se rassembler en coopératives afin de vendre leurs œuvres, qui sont devenues les premières peintures contemporaines, ayant permis à l’art aborigène de se faire connaître sur la scène mondiale.

Le pointillisme est une technique particulièrement appliquée par les peintres aborigènes. Il consiste à réaliser une succession de points très serrés qui ne se mélangent pas. Cette technique est retrouvée sur quelques peintures rupestres et au sol, qui sont réalisées durant les rassemblements rituels.

Le pointillisme, spécifique aux peintures sur toile, avait pour but d’estomper les motifs initiaux. En montrant ainsi uniquement la partie profane de leurs œuvres, les aborigènes arrivent à préserver leur caractère sacré et secret. Les points ont également une portée esthétique en augmentant certains motifs en densité. Ils permettent aussi, en remplaçant les espaces libres, de remplir et de sublimer une toile.

Les différentes formes d’art aborigène

L’art aborigène désigne tant l'art des Aborigènes australiens, avant la colonisation, que l’art des artistes aborigènes contemporains, incluant les gravures sur bois, la peinture,  les costumes de cérémonie, la sculpture ou les ornements des armes anciennes ou des outils. L’art aborigène est ainsi extrêmement riche, à l’image des peintures rupestres.

Plusieurs artistes réalisent des colliers, des coquillages gravés, des bijoux ou des paniers tressés. Appelés « Lonka-Lonka », les grands coquillages nacrés sont gravés de motifs abstraits ou figuratifs. Ils symbolisent par exemple les zigzags du tonnerre et les itinéraires sacrés des hommes-Tingari effectués au milieu du désert. L’utilisation du silex et des outils en métaux ont par ailleurs permis d'affiner les motifs gravés sur la nacre. Les toiles réalisées avec la méthode du pointillisme, ainsi que les peintures abstraites et colorées sont d’autres formes de l’art aborigène.

En fonction des styles, des régions et des techniques, les aborigènes peuvent réaliser des totems symbolisant leurs grands ancêtres ou peuvent également imiter des motifs claniques sur écorce. Ils peuvent aussi couvrir de motifs sacrés et abstraits leurs corps. À Maningrida, une communauté indigène située sur le Territoire du Nord de l'Australie, plusieurs artistes, comme John Mawurndjul, préservent et transmettent le souvenir des mythes en réalisant des œuvres plus abstraites et codifiées.

 

Où trouver de l’art aborigène ?

Il existe plusieurs musées consacrés à l’art aborigène, dont le Musée d’art aborigène australien « La grange ». Unique en Suisse, ce musée dédie ses espaces d’expositions temporaires à l’art aborigène contemporain australien. Les peintres exposés, dont les œuvres sont mondialement reconnues, représentent au travers de leurs toiles leur attachement et leur foi à la terre, une essence spirituelle particulièrement valorisée au sein du musée.

Au Berndt Museum of Anthropology, situé à l’Université d’Australie-Occidentale, découvrez une magnifique collection dédiée à l’art aborigène. Ce musée est ainsi riche de plus de 40 000 photographies et 12 000 œuvres. La collection augmente en nombre chaque année.  Dans la cité d'Yirrkal, localisée dans le Territoire du Nord, se trouve également le centre d’art et musée Buku-Larrnggay Mulka. Il est entièrement consacré à la culture et à l’art aborigène du nord australien. Le centre d'art Maningrida Arts & Culture ou MAC, situé dans la communauté de Maningrida, au nord de l’Australie, abrite les œuvres d’environ 700 artistes vivant dans la région de Maningrida. Au Musée du Quai Branly, à Paris, découvrez de magnifiques œuvres réalisées par 8 artistes aborigènes de renom, sélectionnés par l’architecte Jean Nouvel. Une collection unique d’écorces peintes, réalisée par l’artiste Karel Kupka au début du XXe siècle, est aussi présentée dans ce musée.

A propos de l'auteur: Emma Cruz
Depuis mon adolescence, j'ai toujours su faire plaisir à mon entourage avec mes idées surtout les week-ends ou même durant les périodes de vacances. Je préférais m'amuser au lieu de perdre mon temps. Et des plans, il n'en manque pas. Je partage actuellement cette passion pour les loisirs, quel que soit le genre, à tout le monde. À travers mes articles, j'attire l'attention des gens à apprécier mon aide et à leur faire vivre ma passion.
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