Le buzkashi : l'attrape chèvre afghane

16 Novembre 2018 - Sports
Le buzkashi : l'attrape chèvre afghane

Beaucoup plus difficile et plus physique que le polo, le buzkashi ou le bouzckachi est un sport équestre uniquement masculin se jouant par équipe ou individuellement. Il est pratiqué dans de nombreux pays du Moyen-Orient et d'Asie centrale. En Afghanistan, il est même considéré comme le sport national. Ces quelques lignes vous permettent de tout connaître sur ce jeu connu sous le nom du jeu de l'attrape-chèvre. 

Le buzkashi, le jeu de l'attrape-chèvre

Le buzkashi est un jeu traditionnel du même type que le polo. Mais au lieu de jouer avec une balle, les joueurs se disputent une chèvre morte. Le mot buzkashi se traduit d'ailleurs par « traction de chèvre » en persan. Avant d'être utilisée dans le jeu, la chèvre est décapitée, éviscérée et ses pattes sont sectionnées au niveau du genou. Le corps est ensuite trempé dans de l'eau durant 24 heures pour que la chaire et la peau se durcissent. Parfois, l'on utilise un veau ou un mouton à la place de la chèvre.

Les origines de l'attrape-chèvre

Le mot bouzckachi est un terme persan formé du préfixe boz signifiant chèvre et du suffixe kachi signifiant apporter vers soi. Littéralement, le bouzckachi veut dire ainsi apporter vers soi la chèvre. Ce sport très physique serait inventé pendant le règne de Gengis Khan, le fondateur de l'empire mongol et l'inventeur de ce jeu. Il l'aurait mis en place en 1227 dans le but de divertir son armée après que celle-ci ait conquis la quasi-totalité de l'Asie. Le jeu s'est ensuite répandu dans différents pays du continent. De nos jours, il figure parmi les sports des jeux mondiaux nomades d'Asie centrale

Selon une autre théorie, le bouzkachi était inventé pour agrémenter des mariages turkmènes avant d'acquérir sa notoriété dans le reste de l'Asie centrale. En Afghanistan, le bouzkachi est une des traditions les plus anciennes du pays et de nombreux peuples afghans le pratiquent. Dans ce pays, les participants sont appelés les tchopendoz

Une autre théorie repose sur le fait que le bouzkachi a pour origine une tradition afghane pratiquée au sein de certaines tribus et qui consiste à voler des chèvres de la tribu rivale à cheval. Selon d’autres récits, ce jeu équestre était d’abord un sport inventé par des peuples nomades d’Asie centrale pour s’entraîner à la guerre.

Déroulement d'une partie de buzkashi

Le buzkashi peut rassembler des centaines de participants. Les cavaliers sont répartis en général en équipe de dix joueurs. La carcasse de la chèvre est lancée au centre de la ligne de départ. Au signal, les joueurs tentent de s'en emparer sans tomber du cheval, le but du jeu étant de franchir la ligne d'arrivée avec la carcasse. Cette ligne était autrefois située à plus de deux kilomètres de la ligne centrale. Actuellement, il faut juste atteindre une zone prédéfinie. Lorsqu'un cavalier attrape l'animal, les autres tentent de le lui arracher. Les coups de fouet et de bâtons sur les chevaux et sur les joueurs sont légion. C'est d'ailleurs pour cette raison que les cavaliers portent des vêtements épais pour atténuer les coups, un bonnet en fourrure ou même un casque. Bien que le buzkashi soit considéré comme un sport collectif, il est surtout un sport de combat. Dans certains pays, il est même permis de faire tomber un adversaire en le tirant ou en le poussant. 

La partie se termine quand les cavaliers sont fatigués et qu'une équipe admet la supériorité de l'autre ou lorsque les points déterminés avant le début de la partie sont atteints. Elle peut aussi s'achever lorsque la carcasse de chère est totalement détruite. Le vainqueur est bien évidemment l'équipe ayant marqué le plus de buts. De nos jours, le trophée peut être une voiture ou une somme d'argent.

Les deux versions du buzkashi

Le buzkashi existe de nos jours sous deux versions : le Qarajai et le Tudabarai. Pour la version Qarajai, le but du jeu est de lancer la chèvre à travers un arc ou un cercle tracé au charbon ou à la craie à l'autre bout du terrain. Pour la version Tudabarai, les joueurs doivent simplement s'emparer de la chèvre et s'échapper pour que les autres joueurs ne puissent pas l'attraper et prendre possession de l'animal.

Le buzkashi en Afghanistan

Malgré la situation politique difficile en Afghanistan, les amateurs de buzkashi locaux ont pu fonder une ligue nationale. C'est à Kaboul, dans la capitale, que se déroulent la plupart des matchs nationaux. Mais dans certaines régions du pays, des parties de buzkashi sont organisées tous les vendredis en automne et au printemps et les cavaliers s'affrontent sur de vastes espaces non aménagés.

Les joueurs afghans s'entrainent intensivement durant de nombreuses années. Les joueurs de haut niveau ont en général passé la quarantaine. Les chevaux sont également bien entrainés et sont à même de réagir rapidement aux retournements de situation. Un cheval bien entraîné peut coûter jusqu'à 15 000 dollars. Les chevaux ayant reçu des coups graves sont abattus à la fin de la partie. 

À travers le pays, de riches investisseurs financent les compétitions de buzkashi et recrutent les meilleurs cavaliers et les meilleurs chevaux. Les matchs les plus importants attiraient des milliers de spectateurs. Bien que le buzkashi soit jugé immoral dans de nombreux pays, en Afghanistan, il demeure très populaire et a encore certainement de beaux jours devant lui.

Le buzkashi et la littérature

Dans son livre « L'Homme de Kabul », l'écrivain français Gérard de Villiers parle de ce sport équestre en la décrivant comme une bataille sans merci. Dans ce roman sorti en 1972, une jeune femme prend la place de la chèvre.

 Dans le roman de Louis Meunier, « Les Cavaliers afghans », l'écrivain raconte son aventure lorsqu'il s'initiait à ce jeu et a réussi à intégrer l'équipe de Kaboul dans laquelle il est resté durant trois ans.

Pour le scénario de son film « La Passe du Diable » et son roman « Les Cavaliers », le romancier français Joseph Kessel s’est inspiré des règles du bouzkachi. En 1971, le roman « Les cavaliers » était adapté au cinéma par le réalisateur américain John Frankenheimer. Jack Palance et Omar Sharif occupent les rôles principaux. En 2015, ce roman était aussi adapté au théâtre par le metteur en scène, l’humoriste et acteur français Éric Bouvron.

A propos de l'auteur: Emma Cruz
Depuis mon adolescence, j'ai toujours su faire plaisir à mon entourage avec mes idées surtout les week-ends ou même durant les périodes de vacances. Je préférais m'amuser au lieu de perdre mon temps. Et des plans, il n'en manque pas. Je partage actuellement cette passion pour les loisirs, quel que soit le genre, à tout le monde. À travers mes articles, j'attire l'attention des gens à apprécier mon aide et à leur faire vivre ma passion.
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