Le sumo, un sport qui reflète la tradition ancestrale japonaise

14 Décembre 2018 - Sports
Le sumo, un sport qui reflète la tradition ancestrale japonaise

Le sumo s'inscrit en tant que sport national du pays du Soleil-Levant à partir du 18e siècle. Ce sport est imprégné de rituels et reflète des traditions et coutumes japonais. Le mawashi (la ceinture ventrale) des sumotoris et l'oicho, la coiffure spécifique des lutteurs et qui est inspirée de la forme de la feuille de ginkgo, et tout ce qui touchent le sumo ne sont pas choisis au hasard. Le sumo a également des liens avec la fête religieuse Shinto. Plein feu sur ce sport de lutte emblématique du Japon. 

Les origines du sumo

Réservé aux hommes, le sumo est un sport de lutte caractérisé par la taille et le poids des lutteurs ainsi que par les pratiques rituelles entourant les combats. Il est mentionné pour la toute première fois dans le premier livre d'écriture japonais, le Kojiki, apparu en 712. Au 13e siècle, les tournois de sumo sont intégrés dans la plupart des cérémonies royales. Ces tournois étaient alors appelés sechie-zumo ou sumai-sechie. Mélangeant lutte et boxe, les combats de sumo de l'époque sont différents en de nombreux points des combats actuels. 

Dans tout le pays, les lutteurs sont appelés rikishi, tandis que dans les pays européens comme la France, on les nomme sumotori. Ils gardent leurs cheveux longs jusqu'à ce qu'ils partent en retraite. Lorsqu'un rikishi décide de ne plus participer à des combats, il effectue une sorte de cérémonie baptisée danpatsu-shiki pendant laquelle ses cheveux sont coupés.

Les rites relatifs à un combat de sumo

Au Japon, les combats officiels de sumo se déroulent sur un ring carré en argile appelé dohyo. Le but de chaque rikishi est de faire en sorte que son adversaire se retrouve en dehors du cercle de combat inscrit sur le ring ou qu'il touche le sol par une partie de son corps autre que la plante des pieds. Avant le début du combat, les lutteurs frappent le sol avec leurs pieds pour chasser les mauvais esprits. Ce rite est appelé shiko. Ils effectuent ensuite un rite de purification appelée kiyome no shio consistant à lancer une poignée de sel sur le cercle du dohyo. Le dernier rite qu'ils réalisent avant l'affrontement consiste à boire de l'eau de force et à la recracher. La lutte commence au signal de l'arbitre que l'on nomme gyōji. Chaque protagoniste touche alors le sol avec ses deux mains signifiant qu'ils acceptent le combat. Les deux lutteurs s'élancent ensuite l'un vers l'autre. Cette action qui est assez violente est appelée tachi-ai

Selon une tradition shinto, les femmes n'ont pas le droit d'accéder au dohyō, pendant ou en dehors du combat, à cause des menstruations. En effet, d'après les croyances shintoïstes, le sang est considéré comme une kegare, une souillure.

 La vie d'un rikishi

Tous les jours, un rikishi se soumet à un régime alimentaire strict. Il consomme deux ragouts appelés Chankonabe par jour. Riche en protéines et accompagné de plusieurs bols de riz, le Chankonabe contient beaucoup de viandes ainsi que des légumes et des féculents. Le tout est rehaussé d'une sauce bien onctueuse et servi avec de la bière. Le rikishi prend le premier à midi et le deuxième vers 20 h. Il dort immédiatement après le repas du soir. La sieste permet à son corps d'accumuler facilement de la graisse. Le sumotori engloutit en général entre 8000 et 10 000 calories par jour.

En outre du régime alimentaire, il suit également un entrainement physique spécifique nommée Keyko. Pour les rikishi les plus mal classés, le keyko quotidien doit commencer à 4 h ou à 5 h du matin. Le Keyko se compose de 3 exercices traditionnels : le teppo, le matawari et le shiko. Le teppo consiste à frapper de façon continue un pilier en bois tout en ayant les paumes ouvertes, tandis que le matawari consiste à s'asseoir tout en gardant les jambes bien écartées. Quant au shiko, il consiste à lever les jambes le plus haut possible alternativement. Une session journalière d'entrainement se termine vers midi. L'après-midi est généralement consacré à la sieste.

En moyenne, un apprenti sumotori met 5 ans avant de gagner le gabarit idéal et devenir un lutteur de classe supérieur pour gagner le salaire d'un sekitori, un lutteur professionnel. De nos jours, le Japon compte près de 700 lutteurs membres d'une écurie. 10 % d'entre eux seulement bénéficient du titre de sekitori. Les rares rikishi ayant atteint les classements les plus élevés vivent le plus souvent à l'extérieur des écuries avec leur épouse. Pour la majorité des lutteurs, l'écurie est l'unique maison qu'ils connaissent durant la plus importante partie de leur carrière de sumotori.

Les grands tournois de sumo au Japon

L'Association nippone de sumo organise chaque année six grands tournois officiels de sumo appelés honbasho. Trois de ces tournois se déroulent à Tokyo en janvier, en mai et à septembre. Les trois autres se tiennent à Nagoya, à Osaka et à Fukuoka, respectivement en juillet, en mars et en novembre. Entre les grands tournois, les sumotoris participent à des compétitions locales dans leurs villes d'origine. Cela offre aux voyageurs beaucoup d'occasions d'assister à des tournois respectant les traditions et les règles ancestrales. En général, les tournois dans chaque ville durent deux semaines. À Tokyo, la plupart des combats se déroulent au stade Shin Kokugikan pouvant recevoir 10 000 spectateurs.

Chaque compétition dans les grandes villes est diffusée à travers tout le pays de 16 h à 18 h. Les sumotoris les plus performants dans les catégories sanyaku et maku-uchi participent à un combat tous les jours durant 15 jours. Ceux faisant partie des catégories makushita, jonidan, sandanme et jonokuchi luttent une fois par jour durant 7 jours. Pour maintenir son classement ou pour accéder au classement supérieur, le lutteur doit remporter plus de huit victoires sur quinze rencontres. Le tournoi national est gagné par le participant appartenant à la catégorie maku-uchi et qui a gagné le plus de combats. C'est donc lui qui remporte la Coupe de l'Empereur. Il existe trois autres prix : le Shukun-sho décerné au lutteur ayant vaincu le plus de participants des niveaux Ozeki et Yokozuna, le Kanto-sho attribué à celui considéré comme ayant eu le meilleur esprit combatif, et le Gino-sho pour le meilleur technicien.

A propos de l'auteur: Emma Cruz
Depuis mon adolescence, j'ai toujours su faire plaisir à mon entourage avec mes idées surtout les week-ends ou même durant les périodes de vacances. Je préférais m'amuser au lieu de perdre mon temps. Et des plans, il n'en manque pas. Je partage actuellement cette passion pour les loisirs, quel que soit le genre, à tout le monde. À travers mes articles, j'attire l'attention des gens à apprécier mon aide et à leur faire vivre ma passion.
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