Les Huaxtèques, le peuple autochtone du Mexique

05 Avril 2019 - Arts & Culture
Les Huaxtèques, le peuple autochtone du Mexique

Si actuellement, la langue huaxtèque est encore parlée par des dizaines de milliers de Mexicains, Les Huaxtèques demeurent de grands oubliés de l'histoire du Mexique. Cousins des Mayas et vaincus par les Aztèques, ce peuple autochtone du Mexique occupait autrefois une région du nord-est du pays, depuis les collines d'Otontepec et la plaine côtière jusqu'aux rives du golfe du Mexique. Focus sur cette ethnie qui fascine par une histoire vieille de plus de 3 000 ans et sa culture unique qui a su résister aux aléas du temps.

Plongeon au cœur de l’histoire des Huaxtèques

Les Huastèques, également appelés les Huaxtèques, se sont implantés dans la région nommée la Huasteca, sur la côte nord du Golfe du Mexique, il y a environ 2000 ans avant J.-C. Les Huaxtèques demeurent sur cette portion du golfe du Mexique jusqu’à la conquête espagnole en 1519. Ce peuple s’organisait en cités états et villages indépendants, dont les plus importants étaient Tamohi et Tamtoc. Les Huaxtèques sont un peuple de sédentaires. Ils vivaient de l'élevage, mais aussi de la culture du coton, de la canne à sucre, du maïs, du café, et de fruits divers.

Réputés pour leur talent de musiciens, les Huaxtèques étaient aussi célèbres pour leur nudité, qui aurait parait-il fortement choqué les Aztèques. Ce n'est qu'après la conquête espagnole vers le début du 16e siècle, que le peuple a été forcé de porter des vêtements. Un siècle plus tôt, les Huaxtèques sont vaincus par les Aztèques. Ils ont pu garder une certaine autonomie, mais étaient contraints depuis lors de payer tribut à l'empire conquérant.

Peu de fouilles archéologiques sont effectuées dans le pays huaxtèque. Cependant, les rares recherches ont permis la découverte de sites intéressants à l'image de Tamtoc. L'ancien village vieux de 2 300 ans abrite des structures de forme arrondie utilisées lors de la célébration de divers cultes, dont celui de Quetzalcoatl et les cultes de la fertilité. Sur le site de Tamaulipas, diverses sépultures sont mises à jour. Les archéologues ont aussi pu découvrir quelques rites funéraires, tels que les déformations artificielles de crânes.

Aujourd’hui, environ 66 000 personnes parlent la langue huaxtèque. Un tiers des Indiens huaxtèques sont concentrés dans l’État de Veracruz et les deux tiers dans celui de San Luis Potosí. Connus sous le nom de Teenek traduit par les gens d'ici, ils perpétuent encore certains rites et traditions hérités de leurs ancêtres.

Les Huaxtèques, un peuple doté d’une forte identité culturelle

Depuis les plus anciennes périodes jusqu’à la conquête espagnole, les populations de la Huasteca ont orné et changé leur corps de façon permanente ou éphémère. Les raisons peuvent être rituelles, esthétiques ou socioculturelles. Scarifications, peinture corporelle, tatouages, déformation du crâne, mutilation dentaire, etc., pour les Huastèques ces pratiques constituent l’un des piliers majeurs de leur identité culturelle.

Les Huaxtèques étaient aussi connus pour le talent de leurs artisans qui travaillaient alors l'argile, la pierre, l’os, la coquille. Ils s'adonnaient également au tissage, bien qu'ils n'étaient pas toujours habillés, et se distinguaient particulièrement par la qualité de leurs vêtements en coton tissé extrêmement colorés. Les pièces vestimentaires arborent de somptueux motifs qui représentaient généralement le ciel. Bien que l'arrivée des Espagnols a grandement bouleversé les sociétés méso-américaines, les Huaxtèques ont conservé leurs traditions à l'image des vêtements traditionnels. Aujourd'hui, le costume des femmes par exemple se compose d’un cache-cœur porté sur un chemisier orné de motifs géométriques floraux. Ces motifs sont brodés dans des teintes traditionnelles, dont le vert, le rouge et l’orange.

Certaines fêtes traditionnelles sont toujours célébrées. Ainsi, les Teenek vont prier Dhipaak, le dieu du maïs, durant le cycle agricole sur le site archéologique de Tamtoc. Ils y viennent pour vénérer une dalle sculptée en pierre. Le volador est une autre tradition bien ancrée dans la culture huasteca. C'est une danse religieuse durant laquelle un capitaine danse sur une plateforme installée au sommet d'un mât de 30 mètres de haut. Ses quatre coéquipiers, les pieds attachés sur le mât, effectuent une danse reproduisant le vol de l'aigle.

L'art dans la culture huaxtèque

La Huaxteca connaît un essor lent à la période classique, soit de 200 à 900 après J.-C. À cette époque, cette société agraire était composée de villages agricoles entretenant des relations régulières avec le reste de la Méso-Amérique, et surtout Teotihuacán. Ses habitants excellaient particulièrement dans la fabrication de figurines en terre cuite, représentant des personnages nus, dotés de haute coiffure. Les premières figurines représentaient des visages anguleux et fins. Les yeux sont marqués par une fente. Les têtes sont surdimensionnées en comparaison avec le corps à la période classique. De petites pastilles d’argile servaient à fabriquer les différents éléments du visage. Au début du postclassique, des sites comme Tamuín se spécialisaient dans l’iconographie, la sculpture et la céramique.

El Tamuín, une ville ancrée dans l’histoire des Huaxtèques

El Tamuín est une ville située dans l’est de l’État de San Luis Potosí et fait partie de l'ancienne région de la Huasteca. Cette municipalité rassemble trois des plus importants sites culturels de la Huasteca : El Consuelo, Tamtoc et Tzintzin-Lujub.

Tamtoc se trouve sur un bras de la rivière Tampaón. Il abrite 50 buttes, une place cérémonielle entourée par 23 édifices dans son centre et 5 plateformes pour réaliser des rituels. Ces plateformes sont entourées de 13 habitations circulaires et 2 grands édifices de forme rectangulaire dotés de grandes terrasses.

Au sud-est de Tamuín se trouve El Consuelo, accessible par l’autoroute fédérale 70, en direction du port de Tampico. Son appellation est donnée en l’honneur de la ferme où le village a été découvert. Celui-ci est érigé et habité entre les XIII et XVIe siècle, puis délaissé au début de conquête espagnole.

Quant à Tzintzin-Lujub, c’est un site archéologique connu aujourd'hui sous l’appellation d'Agua Nueva. Il est situé à quelques kilomètres de la route reliant Tamuín à San Vicente Tancuayalab.

C'est aussi à El Tamuín que se trouve la célèbre statue du « Jeune Homme du Tamuín » représentant un jeune homme nu et tatoué portant un enfant mort sur le dos.

 

A propos de l'auteur: Sarah Hoceani

Opérant dans le domaine du tourisme depuis quelques années, j'ai découvert petit à petit les différentes attractions des voyageurs. Justement, ils n'attendaient que cela, s'amuser et oublier les soucis quotidiens. J'ai décidé de faire des recherches afin de promouvoir les loisirs pas seulement en voyage, mais dans la vie de tous les jours de chacun. Actuellement, je rédige avec joie ma passion pour aider et pour rendre les gens heureux même le temps d'un instant. Alors, bonne lecture à vous!

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