Culture japonaise : découvrez les geishas

10 Mai 2019 - Arts & Culture
Culture japonaise : découvrez les geishas

Les geishas, ces dignes gardiennes de la culture traditionnelle nippone, ont pour rôle principal de divertir et d'animer des réceptions et des banquets à travers la danse, la poésie ou encore l'art de la conversation. D'ailleurs, geisha peut se traduire par « femme d’art », « artisan » ou encore « femme qui excelle dans le métier de l’art ». Ces femmes d’un raffinement inégalable sont facilement reconnaissables par leur apparence distinctive. Elles sont vêtues d’un kimono en soie et arborent des chignons traditionnels japonais des fois sophistiqués. Zoom sur cet univers encore mystérieux, dont on a pu découvrir les grandes lignes avec « Mémoires d'une Geisha », un film récompensé de trois Oscar.

La naissance et l'évolution d'un art à part entière

Les premières geishas auraient exercé dans les maisons de thé dans les quartiers de plaisirs de Kyoto durant le XVIIIe siècle. Mais ce que beaucoup ignorent, c'est que la profession de geisha naît dérive du métier de hokan, qui peut être assimilé au bouffon européen durant le Moyen Âge. Encore appelé taikomochi, le hokan divertissaient ses convives dans des quartiers spécifiques, où la prostitution était autorisée par le gouvernement japonais, vers le début du XVIe siècle. Ses tâches constituaient à animer les soirées dans des maisons de thé grâce à ses talents de comédien, de chanteur et de musicien. Au début, et même à l'époque actuelle, beaucoup confondent la prostitution et le métier de geisha, mais les geishas se sont rapidement fait connaître pour leur talent dans certaines formes d'art, notamment la danse et la poésie. La profession de geisha est ainsi officiellement reconnue par le gouvernement japonais en 1779. Un bureau d’enregistrement conçu pour les recenser est alors mis en place. Il visait également à faire respecter la loi qui réglementait ce métier. Dans les années 1980, l'on dénombrait 17 000 geishas. Aujourd'hui, il n'y en aurait que 200 regroupées principalement à Gion, un quartier de Kyoto. La fermeture des hanamachi, le quartier dédié aux geishas durant la Seconde Guerre mondiale, et la loi qui interdisait le travail aux moins de 15 ans en 1957, figurent parmi les causes de cette diminution.

Les étapes pour devenir geisha

Pour devenir geisha, il faut passer par une longue formation. Autrefois, les petites filles de 6 à 12 ans étaient choisies par l'okâsan, la tenancière d'une okiyan, une maison de geishas, pour assurer la relève. Ces apprenties ou shikomiko ne s'acquittaient encore que des tâches ménagères. Ce n'est qu'à partir de 12 ans qu'elles commencent la formation proprement dite de geisha. Elles étaient alors initiées aux arts et pouvaient se spécialiser dans un domaine en particulier. Les maiko apprenaient alors la cérémonie du thé, l’art de la conversation, la composition florale et la maîtrise d'instruments de musique traditionnels, notamment le shamisen ou encore la danse, considérée comme l'art le plus noble. Les maiko doivent également exceller dans le maintien, l'art de l'habillement et du maquillage, mais aussi dans les manières de se tenir. Elles suivaient des cours intensifs et étaient autorisées à accompagner une geisha durant ses rendez-vous pour compléter leur formation. La geisha confirmée a pour rôle de transmettre son savoir à l'apprentie et à lui faire découvrir petit à petit le cercle fermé de la profession pour pouvoir ensuite se faire sa propre clientèle. Une fois sa formation terminée, la maiko revêt le titre de geisha ou geiko à l'issu du erikae, la cérémonie du changement de col. Elle est alors en mesure d'animer ses propres événements. La geiko est toutefois tenu de rembourser tous le frais, généralement exorbitant, liés à sa formation. Ses revenus reviennent alors dans un premier temps à l'okâsan. Une fois que la geiko s'est acquitté de toute sa dette, elle peut s'établir à son compte ou rester dans son okiya. Actuellement, pour devenir maiko, l'âge minimal autoriser est de 15 ans.

Une apparence où rien n'est laissé au hasard

Dans la tenue, le maquillage ou la coiffure d'une geisha, rien n'est laissé au hasard. Ainsi, de nombreux points distinguent une geisha ou une geiko d'une maiko. Cette différence se retrouve dans la coiffure. Les maiko arborent un chignon traditionnel japonais dit « en pêche fendue », avec une raie au milieu le long de laquelle court une étoffe de soie. Les geishas confirmées pour leur part arborent des chignons sophistiqués ornés d'épingles et de peignes. Il est difficile de réaliser ces coiffures soi-même, alors les maikos et les geishas sont dans l'obligation de se rendre chez un coiffeur spécialisé toutes les semaines. Pour éviter que leurs cheveux soient en contact du sol et conserver ainsi le plus longtemps possible leur coiffure, elles dorment sur un repose-nuque.

Le maquillage différencie aussi une geisha d’une maiko. Le maquillage des apprenties geishas est plus marqué. Tout leur visage est recouvert de poudre de riz blanche. Leur bouche est teinte dans un rouge vif et leurs sourcils sont bien soulignés en noir. Les geikos pour leur part arborent un maquillage plus léger et peuvent même ne pas se maquiller du tout pour mettre en avant leur beauté naturelle. L’habillement est également un élément qui permet de reconnaître une geisha d’une maiko. Le kimono des apprenties est très coloré et est orné d’un obi, un nœud, aussi large que long (obi darari). La tenue d’une geiko, par contre, est plus sobre et s’accompagne d’une obi moins large et plus courte (obi nagoya). Par ailleurs, si une maiko porte des okobo, des sandales en bois très épais), diminuant au fur et à mesure de l’apprentissage, une geiko, elle, utilise des zori ou des getai, des sandales en bois moins hauts.

Profiter de la compagnie d'une geisha 

Pour faire appel à une geisha, il faut dans un premier lieu déterminer le lieu de rendez-vous. Cela peut-être un o-chaya, un salon de thé, un restaurant ryôteri ou un ryokan, une auberge traditionnelle. Une soirée dure environ 2 heures pendant laquelle les geishas donnent tout d'abord un spectacle traditionnel pendant que les clients boivent et mangent. Les clients peuvent par la suite jouer à certains jeux tandis que les geishas dévoilent leur talent de musicienne. Les services d'une geisha ont un coût, entre 20 000 à 40 000 yens par geisha. Le prix des boissons et la nourriture consommée durant la soirée n'est pas inclus dans ces prestations.

 

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